Face au péril aviaire qui endommage ses avions et perturbe son programme, la direction de Air Burkina monte au créneau. Ce 14 septembre 2009, Mamady Sanoh, le Président du conseil d'administration (PCA), et Mohamed Ghelala, le directeur général de la compagnie, ont expliqué, à la faveur d'une conférence de presse à Ouagadougou, que la compagnie était confrontée à des difficultés à cause des oiseaux, et dénoncé l'immobilisme des structures chargées de la gestion des aéroports en Afrique de l'Ouest.
La direction de Air Burkina s'inquiète. Le péril aviaire, bien réel sur les aéroports d'Afrique de l'Ouest, menace la sécurité de ses vols et lui cause d'énormes préjudices. A cause des oiseaux qui endommagent, parfois gravement, les moteurs des avions de sa flotte, le programme de la compagnie est sérieusement perturbé. Et les cas sont légion : depuis le début de l'année, cinq incidents de ce type, plus ou moins graves, et impliquant des aéronefs de la compagnie, se sont produits sur différents aéroports de la sous-région. « Des vols sont annulés ou retardés, nous sommes obligés de modifier les horaires et les itinéraires de certains vols... Nous avons enregistré des perturbations qui ont pratiquement affecté 30% de notre programme », se plaint Mohamed Ghelala, le directeur général de Air Burkina.
Cette perturbation, explique t-il, est due à l'immobilisation d'un appareil de la compagnie à Dakar, au Sénégal. Très récemment, un autre était immobilisé à Cotonou, au Bénin. « Ces immobilisations sont dues au fait que les réacteurs de nos avions ont avalé des oiseaux », explique t-il. Conséquence, Air Burkina se voit obligée de débourser des sommes considérables pour remettre ses appareils en état de voler, et pour héberger les passagers. « Rien que cette année, nous avons été obligés de changer trois fois de moteur. C'est du jamais vu dans les statistiques ! », s'exclame M. Ghelala. La facture, assurent les responsables de la compagnie, dépasse largement le milliard de francs CFA, rien que pour cette année 2009. « Cela nous coûte énormément. Malheureusement, les assurances ne couvrent pas tout. Surtout pas la crédibilité, que nous sommes en train de perdre avec cette situation », notent, avec regret, le DG et le PCA da la compagnie.
Le hic, c'est que Air Burkina, tout comme les autres compagnies aériennes touchées par le péril aviaire, ne sait plus à qui s'adresser. « Nous avons interpellé, il y a quelques mois, lors de l'assemblée générale des compagnies francophones, le directeur de l'Asecna, qui nous a dit que c'était l'affaire des Etats. Or, quand on s'adresse aux Etats, ils nous répondent, et cela me paraît logique, qu'ils ont délégué toutes les affaires de sécurité du transport et de l'espace aérien à l'Asecna. Nous ne savons pas jusqu'à présent qui va s'occuper du problème », relève le DG. Alors que, s'indigne t-il, des solutions existent pour éloigner le péril aviaire des aéroports. « Mais, malheureusement, les gens qui gèrent nos aéroports ne font rien du tout. Et cela, on est obligé de le dire ». Ce problème doit être géré comme le font les autres pays, ont estimé les conférenciers. « Que l'on ne vienne pas me dire que l'Asecna n'a pas les moyens. Elle est riche et peu venir à bout de ce problème », avance Mohamed Ghelala.
Cette situation, où les nerfs des passagers sont mis à rude épreuve, survient au moment où Air Burkina effectue son entrée dans le cercle très sélect des compagnies aériennes détentrices d'une certification aérienne européenne. Et c'est avec une légitime fierté que Mamady Sanoh, le PCA, a brandi le certificat délivré à Air Burkina, par l'Agence européenne de sécurité aérienne, pour la qualité de son service de maintenance. Du coup, Air Burkina, seule compagnie ouest-africaine à détenir le précieux document, voit de nouvelles perspectives s'ouvrir devant elle. Pour peu que les oiseaux ne constipent pas invariablement ses moteurs...
- Desire T Sawadogo
Fasozine





