La production de la pomme de terre au Burkina Faso et particulièrement dans le Lorum a commencé en 1966 suite à la grande sécheresse et à la crise alimentaire qui ont véritablement secoué la région, pour prendre progressivement de l'ampleur à partir des années 80. Depuis lors, dans le Lorum, l’oignon et la pomme de terre sont devenus la principale source d’économie des agriculteurs qui, depuis, s’organisent et font de ces filières le moteur du développement dans cette partie du Burkina Faso.
En 2008 ces filières mobilisaient déjà plus de 403 producteurs dans la seule commune de Titao, dont 269 femmes et 134 hommes.
Un accroissement de la production depuis 2002
La production de pomme de terre et de l’oignon connait un accroissement régulier depuis 2002. La pomme de terre est passée de 800 tonnes en 2002 à 2130 tonnes en 2009 et l’oignon de 1700 tonnes à plus de 3100 tonnes en 2009.
Cette année la production est encore remarquable, c’est respectivement 3000 tonnes et 4000 tonnes de pomme de terre et d’oignon qui sortiront des périmètres maraîchers, soit un accroissement respectif de 29% et 22,5% par rapport à l’année dernière. Cette production pourvoira une recette totale estimée à plus d’un milliard de francs.
Des acteurs engagés
L’appui technique et financier de certains partenaires tels les «Groupements Naam», la Fédération nationale des organisations paysannes, la Fédération des producteurs agricoles du Burkina, l’Association des Producteurs Maraîchers du Burkina (APMB) entre autres, ont permis de booster ces filières en vulgarisant le maraîchage dans la province.
Au titre des actions récemment menées, la Fédération Nationale des Groupements Naam (FNGN), en collaboration avec l’ONG italienne CISV, a mis en place la Centrale d’approvisionnement et d’activités commerciales (CAAC) à Ouahigouya. La CAAC est chargée de gérer l’approvisionnement en intrants et la commercialisation de la pomme de terre dans la région du Nord.
Le gouvernement burkinabè à travers projets et programmes tels que le programme d’appui aux filières agro-sylvo-pastorales (PAFASP) et le programme d’appui à la production filière (PROFIL), soutient également les producteurs et s’est engagé cette année à acheter une partie de la production pour alimenter les cantines scolaires et à développer des initiatives de transformation afin d’améliorer la valeur-ajoutée de ces produits. La fête de la pomme de terre, initiée depuis 2002 et soutenue par l’Etat, est devenue une véritable vitrine de promotion des filières maraîchères reconnue sur le plan national.
D’autres actions sont menées dans le sens de la valorisation des spéculations maraîchères et, à titre d’exemple on peut citer la pièce de théâtre « Ma pomme de terre ne se vend pas à 125F le kilogramme » présentée par l’Atelier théâtre de Lorum le 15 février 2010 à Titao. L’objectif a été d’attirer l’attention des populations sur les questions de l’organisation de la production et de la commercialisation des produits maraîchers. A travers cette pièce d’une heure trente d’horloge réalisée avec la collaboration de l’Atelier Théâtre Burkinabé, les problèmes réels des producteurs maraîchers ont été décortiqués devant un public mobilisé pour la circonstance.
Des difficultés majeures subsistent
Il s'agit, entre autres, de la non maîtrise de l'eau et de l'insuffisance du volume d'eau, de l'envasement du barrage de Titao vieux de plus de 50 ans et centre névralgique de la production, de l'absence quasi totale d'aménagements en aval des retenues d'eau, de la mauvaise exploitation des terres et la faible capacité de gestion de l'eau existante, des difficultés d'approvisionnement en intrants, du manque d'infrastructures et de technologies appropriés de conservation et de transformation, des problèmes d'écoulement.
En attendant de résoudre ces problèmes, il serait opportun que la production puisse être écoulée vers le marché sous-régional aux mois de mars et d’avril où le marché local est pratiquement inondé de pomme de terre. On tirerait plus de revenus de ces filières qui sont un avantage comparatif pour le Burkina Faso au niveau sous-régional.
- BAMBIO Z. François,
Investir-bf.info





