Selon, les statistiques du ministère des ressources animales(MRA) en 1998, la volaille était estimée à 21.133.000 têtes . L’enquête nationale sur les effectifs du cheptel (ENEC II) de 2003, fournit le chiffre de 32.065.066 têtes, soit une progression de 51,72% entre ces deux périodes. Selon des estimations de Direction Générale de la Prévision et des Statistiques de l’Elevage, le nombre de volaille vaut 33.329.492 en 2006. La production est essentiellement destinée à la consommation nationale et à l’exportation. Sur près de 26 milliards d’exportation des produits de l’élevage, l’aviculture contribue pour un montant oscillant entre 2 et 3 milliards de F CFA, soit 7,69 % et 11, 53%.
Tendance à la modernisation
Le système traditionnel d’exploitation se pratique dans les villages surtout par les femmes et les enfants dans les concessions. Il reste de loin le mode production dominant, car ne nécessitant presque pas de moyens en investissement. La volaille ne bénéficie pas de traitement particulier, elle est laissée à elle-même pour son alimentation composée de résidus de récoltes, des graines perdues lors du décorticage, des restes de repas jetés dans les poubelles. Dans la majorité des cas, elle ne bénéficie pas d’un suivi sanitaire régulier d’une vaccination par semestre.De plus la volaille abrite des poulaillers ne correspondant pas aux normes, des abrits non suffisamment aérés, mal entretenus au plan hygiénique. La productivité de cet élevage à moindre coût est naturellement très faible et le taux de mortalité des poussins est à plus de 70% et celui des adultes est de 10% .L’organisation de la commercialisation se fait par des collecteurs villageois qui les revendent à des demi-grossistes, qui à leur tour alimentent les ménages, les restaurateurs, les grilleurs de poulets aux abords des rues des centres urbains. Seulement, certains grossistes utilisent leurs propres camionnettes et leur personnel pour assurer la collecte suivant les jours de marchés.
La filière est très dynamique, et procure des revenus substantiels aux acteurs surtout en périodes de fêtes où le poulet vivant peut atteindre 1700 F à 2200 F. Le second système d’exploitation est le système intensif de production de la volaille qui se développe autour des centres urbains. La production n’est pas pour objectif la production de viande, mais celle des œufs. Les exploitations sont assurées par des semi professionnels qui bénéficient d’un encadrement plus poussé des structures techniques d’appui à l’élevage moderne.
Les poussins d’un jour, sont importés d’Europe ou bien de la Côte d’Ivoire ou du Ghana, mis dans des poulaillers normés, avec une alimentation et un suivi sanitaire règlementaire. Cette forme d’exploitation nécessite un investissement lourd infrastructures, en documentation et formation, en étude de marché. Les acteurs sont généralement des fonctionnaires, des particuliers ou commerçants qui veulent diversifier leurs activités lucratives. Par rapport au mode traditionnel de production, on peut atteindre 208 œufs par femelle et par an contre 22 pour le système traditionnel du « laisser aller », le taux de mortalité des poussins est réduit de 70% à 8% par le mode amélioré, tandis que celui des adultes passe de 10% à 4%.
Les contraintes de la filière
Le mode d’exploitation traditionnel souffre :
- Des conditions inappropriées des poulaillers très exiguës, insuffisamment aérés et manquant d’hygiène ;
-D’une alimentation d’errance qui est source de maladie ;
-Des problèmes sanitaires, du non-respect du calendrier vaccinal ;
-De l’analphabétisme de l’immense majorité des acteurs ;
-Du vol de la volaille de plus en plus fréquent qui décourage les éleveurs.
-L’aviculture en mode intensif, quoique performant connaît les contraintes suivantes :
- L’accès à l’alimentation de la volaille n’est pas aisé, ce qui pousse certains aviculteurs à développer leur propre chaîne de production alimentaire. Ils gagnent en qualité et en régularité de l’approvisionnement, mais augmentent leurs coûts de productions ;
- L’approvisionnement de poussins est encore par l’Europe, dans des conditions de transport aérien coûteux;
- Les difficultés d’accès au financement bancaire pour une activité jugée à très haut risque par les banquiers du fait de la forte mortalité et des vols possibles de la production ;
-La concurrence des produits de l’élevage traditionnel qui sont plus compétitive et semble correspondre mieux au goût des consommateurs.
Les potentialités de la filière
Au niveau de l’aviculture, elles tiennent à plusieurs ordres dont l’existence d’un marché national et à l’exportation, l’expérience dans la pratique de l’élevage traditionnel améliorable, le renforcement du suivi sanitaire, l’existence de partenaires et de structures techniques d’appui à l’aviculture.
b) Le marché de la volaille traditionnelle est important comme souligné plus haut ;l’écoulement est garanti dans les centres urbains par la consommation des ménages, les restaurants, les grilleurs de poulets aux abords des voies accroissant ainsi les opportunités d’emplois au niveau des jeunes. Les exportations jusque là ont été régulières ; seulement, ces dernières années la crise ivoirienne a porté un coup d’arrêt passager pour les exportations vers ce pays. Autant, on peut penser à une reprise de ces exportations à la fin de la crise, autant ce problème du niveau de production, de commercialisation et de transformation alternative de la filière compte tenu de ces incertitudes non maîtrisables par les producteurs, reste à définir.
c) L’offre est assurée par les femmes et enfants, la couche vulnérable de la société qui perçoit la rentabilité de cette production. Des améliorations à moindres coups sur la santé, l’alimentation, les poulaillers peuvent être rapidement assimilées et permettre de la croissance d’offre et des revenus des ménages ruraux et semi urbains.
d) L’élevage moderne intensif est pratiqué par des semi professionnels qui bénéficient d’un appui conseil conséquent. L’investissement étant guidé par le profit, ils s’entourent du maximum de précaution. La production d’œufs augmente et rencontre un marché de plus en plus florissant avec le développement de la restauration populaire et rapide « les kiosques, les maquis ».Des partenaires au développement soutiennent l’aviculture du fait de son impact dans la lutte contre la pauvreté notamment les coopérations française et danoise, ce qui renforce les capacités locales d’intervention.
BAMBIO Z. François,
Investir-bf.info





