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La filière bétail et viande au Burkina Faso

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Le secteur de l'élevage a connu un boom depuis la dévaluation du franc CFA de janvier 1994 et l'importance économique de la filière est devenue,on ne peut plus, déterminante dans l'économie du pays. Au Burkina Faso, la production du cheptel est inégalement répartie avec une prédominance pour les régions Nord-soudan et sud-sahel du pays. En effet l'élevage est la principale activité économique des régions centres nord et nord du pays. er trimestre 2009, fournissent des données appréciables. L'élevage contribue pour moins de 1,5% à l'investissement public malgré sa contribution de plus de 10% au PIB. La consommation de viande se situe à 9,3 kg par personne et par an. Elle est inférieure de moitié à la norme FAO de 21 kg . Les résultats de l'enquête nationale ENEC II de 1998, 2003,2005,2006 et 2007 et le Tableau de bord de l'économie du Burkina Faso, au 1

Sur 18 ans (1989-2007) , les évolutions sont notoires. La production des bovins a plus que doubler , soit une hausse de 105%. Sur la même période le nombre des ovins a augmenté de 53%, les caprins de 77%, les porcins de 311%, les asins de 145%, les équins de 70%, les camelins de 33% . Concernant les volailles, leur nombre n'a pu être fourni en 1989 mais les chiffres indiquent une évolution de 12,55% entre 2003 et 2007.

Les évolutions de 2007 à 2008, se chiffrent à 2% pour les bovins, 3% pour les ovins, 3% pour les caprins et également 3% pour les volailles, selon le tableau de bord de l'économie du Burkina Faso, au 1 er trimestre 2009 .

Faisons remarquer l'évolution rapide de la filière porcine . Selon des statistiques fournies en 2009 par l'abattoir frigorifique de Ouagadougou, pour la seule ville de Ouagadougou , 1000 porcs sont consommés par semaine.

Les dépenses moyennes par ménage en consommation de viande était de 23 560 F en 1998 , chiffre qui s'établit à plus de 45.000 fcfa en 2007, selon investir-bf.info. Les exportations ont subi quantitativement une grande évolution selon les espèces. On assiste au moins à un doublement des exportations entre 1997 et 2007 pour atteindre 357 038 bovins, 340 350 ovins, et 254 642 caprins. La dévaluation a entraîné un boom pour ce secteur de l'élevage.

En valeur et à titre d'exemple, ces produits ont rapporté à l'économie nationale, 5, 652 milliards de FCFA en 2002, 3,592 milliards en en 2003, contre 3, 271 milliards en 2004. Les principales destinations sont la Côte d'Ivoire et le Ghana avec une réorientation vers le Ghana depuis la crise ivoirienne de 2002. Enfin, les exportations de cuirs et peaux sur l'Espagne, l'Italie, le Japon, la Belgique, la France et la Cote d'Ivoire ont connu également une hausse. Ces sous produits ont autant de valeur que les animaux vivants. Les cuirs et peaux sont valorisés par l'entreprise TAN ALIZ, également par les artisans burkinabè qui utilisent de plus en plus cette matière .

Les contraintes de la filière bétail et viande


Les contraintes communes à tous les maillons de la filière


Ce sont :

- l'analphabétisme élevé des acteurs, ce qui contribue à limiter leurs performances

- l'insuffisance de l'organisation, de la professionnalisation et de la spécialisation des acteurs ;

-Les réticences des acteurs à adopter de nouveaux comportements de travail ;

-Les difficultés d'accès au crédit avec pour corollaire la limitation des capacités d'intervention des acteurs ;

- Les coûts élevés des facteurs de production ;

- la faiblesse du pouvoir d'achat, de la sensibilisation et de l'information des consommateurs ;

-L'insuffisance des actions de promotion des produits de la filière.

Les contraintes au niveau de la production


Les différents acteurs intervenant dans la production rencontrent d'énormes difficultés qui se résument comme suit :

- faiblesse de la disponibilité et coûts élevés des aliments ;

- insuffisance des points d'eau ;

- insécurité foncière ;

- obstruction des voies d'accès au pâturage et aux points d'eau ;

- persistance des feux de brousse entraînant la réduction du disponible fourrager ;

- absence de stratégie de production adaptée à la demande ;

- inorganisation des campagnes d'engraissement ;

- faible connaissance du potentiel génétique des animaux ;

- recrudescence des vols de bétail ;

- insuffisance des aménagements pastoraux ;

- insuffisance du suivi sanitaire (persistance des maladies meurtrières) ;

- contraintes liées à l'application des critères de qualité (insuffisance de compétence des bouchers dans le traitement des peaux au moment de l'habillage, achat des peaux tout venant,...)

Les contraintes au niveau de la transformation


Les contraintes sont :

- le faible du respect des règles d'hygiène tout au long du processus de transformation ;

- l'inexistence d'un système de classification de la viande ;

- l'insuffisance des infrastructures en particulier les chambres froides ;

- la persistance des abattages clandestins ;

- les coûts élevés des facteurs de production (carburant, électricité, eau) ;

Les contraintes au niveau de la commercialisation


En ce qui concerne la commercialisation, les acteurs rencontrent les difficultés suivantes :

-la persistance de la vente des animaux à vue d'œil et de la viande en tas au lieu de la vente au kilogramme ne favorise pas l'objectivité au niveau des prix ;

-coûts élevés des transports et inadaptation des moyens de transport ;

-entraves à la libre circulation des personnes et des biens au niveau des pays importateurs des produits de la filière ;

- inorganisation des exportateurs ; ce qui contribue à une concentration de l'offre sur les marchés et à la réduction des marges ;

-concurrence rude à l'extérieur avec les viandes extra africaines.

-insuffisance des infrastructures marchandes ;

-obstruction voire destruction des pistes à bétail ;

Les contraintes liées au financement de la filière


D'une manière générale et malgré les efforts déployés par le Gouvernement l'élevage en général la filière bétail viande en particulier bénéficie d'une allocation insuffisante des ressources financières :

- l'Etat lui accorde moins 1% de son budget annuel ;

- le financement par les banques et les institutions de crédit est marginal. A titre d'exemple, sur 24 milliards de F CFA accordés par la BACB à l'économie du Burkina entre 1994 et 1997, seulement 2% de cette enveloppe ont été orientés vers le secteur de l'élevage ;

-au niveau du PIP, l'élevage ne reçoit que 3% de l'enveloppe qui est accordée à l'agro- pastoral ; et pourtant l'élevage contribue pour 30% au PIB agro-pastoral.


Les potentialités


Au niveau de la production


Les principaux acquis qui constituent des atouts non négligeables au niveau des acteurs dans ce domaine sont:

- l'existence d'organisations des professionnels de la filière : Fédération des Eleveurs du Burkina (FEB), CNC/RA

- la création de bourses de fret pour faciliter le transport des produits du secteur de l'agriculture et de l'élevage. ;

- l'émergence des producteurs spécialisés dans la conduite des activités d'embouche ;

-l'existence de structures de normalisation (FASONORM) ;

- l'existence de l'UEMOA qui facilite les relations entre pays membres dans le domaine de l'Elevage.

- un cheptel numériquement très important et varié ;

- la maîtrise de plus en plus grande des pathologies ;

- l'existence de textes pour améliorer la gestion de l'activité : RAF et Loi d'Orientation Relative au Pastoralisme ;

- l'existence de fonds de roulement visant à permettre un approvisionnement rapide des producteurs en cas de difficultés majeures;

- la délimitation de plusieurs zones pastorales sur le terrain et par arrêtés interministériels et leur aménagement progressif ;

- existence du FODEL

Au niveau de la transformation


Au niveau de la transformation, les acquis relatifs aux acteurs sont les suivants :

- la mise en place de la table filière bétail et viande ;

- la réhabilitation de l'abattoir frigorifique de Ouagadougou ;

- la mise en fonctionnement du nouvel abattoir frigorifique de Dédougou ;

- l'existence des organisations des acteurs que sont l'Union Nationale des Bouchers et Charcutiers (UNABOC) du Burkina

- l'existence d'une usine de traitement des cuirs et peaux ;

- l'appui à l'équipement des ateliers et centres de tannage et de maroquinerie dans le cadre de l'initiative PPTE.

Au niveau de la commercialisation

- l'animation du système d'information sur les marchés à bétail.

- l'existence d'un système d'information sur les marchés à bétail.

- la construction de marchés à bétail au niveau des frontières ;

- l'existence de débouchés avec les pays membres de l'UEMOA et de la CEDEAO ;

- l'existence de bassins commerciaux : Nigérian et Ivoirien ;

- la réhabilitation de l'abattoir de Ouagadougou répondant aux normes internationales ;

- l'existence d'organisations professionnelles comme l'Union Nationale des Commerçants Exportateurs du Bétail (UNACEB) et l'Union Nationale des Exportateurs du Bétail et de la Viande (UNAEBV) ;

- Existence d'un trade point pour le diffusion de l'information commercaile.


BAMBIO Z. François,
Investir-bf.info

Source:

-Direction Générale de la Prévision et des Statistiques de l'Elevage
-Etude sur les créneaux porteurs au Burkina Faso , Novembre 2005
-Tableau de bord de l'économie du Burkina Faso,1er trimestre 2009

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