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Le groupe Bolloré en Afrique : Investir gros pour gagner plus

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Le groupe Bolloré va continuer à se développer et à réinvestir ses profits en Afrique, a annoncé le directeur général du groupe, Gilles Alix, à Paris (France), au cours d’une rencontre avec des journalistes africains.

Impliqué dans le film plastique, l’énergie, les médias, les terminaux et les systèmes spécialisés, les batteries et les véhicules électriques, le groupe Bolloré est un peu partout en Afrique. Créé en 1822 et majoritairement détenu par la famille Bolloré, le groupe fait désormais de l’Afrique subsaharienne, son axe de prédilection. Même si le continent n’a certes représenté qu’un quart du chiffre d’affaires en 2008 (1,7 milliard d’euros sur 7,3 milliards). Mais avec ses 20 000 employés en Afrique, 60 pour cent de son effectif total, le groupe contrôle désormais des ports, le transport, des plantations et table sur le réinvestissement de ses gains en Afrique. “ Nous gagnons beaucoup d’argent en Afrique. Nous sommes très fier de gagner beaucoup d’argent que nous réinvestissons ici en Afrique. Notre premier poste d’investissement, ce n’est pas dans la batterie (le groupe veut lancer une voiture électrique) mais c’est l’Afrique”, a dit le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix.

Pour lui, cette volonté va se traduire par des investissements estimés respectivement à 250 et 130 millions d’euros dans les ports de Pointe Noire (en République du Congo)) et de Cotonou (Bénin), nouvellement acquis. Il s’agira pour le groupe Bolloré de poursuivre son expansion fulgurante. Le groupe prétend continuer ses efforts en investissant dans les terminaux secs et les camions de transport. Le directeur général justifie cet élan par le fait qu’“investir beaucoup permet de développer l’emploi”. En prenant le pari d’investir dans le transport et la logistique en Afrique, le groupe Bolloré souhaite ainsi faire la jonction entre la côte et les pays de l’intérieur.

Relier la côte à l’hinterland

C’est pourquoi, il intensifie sa présence dans les pays enclavés comme le Burkina Faso, le Niger, le Rwanda et le Burundi. “L’Afrique subsaharienne est notre axe de prédilection”, a annoncé Gilles Alix. Au Burkina par exemple, le groupe assure le transport du coton, des fruits et légumes. Il y intervient aussi dans les projets miniers en garantissant l’acheminement des équipements. “ On a construit un siège au Burkina et notre contribution à l’économie de ce pays s’élève à plusieurs millions d’euros par an ”, a précisé M Alix. Et de poursuivre : “ Nous attachons beaucoup d’importance à la côte et à l’intérieur ”. Le groupe espère ainsi s’ériger en manutentionnaire capable d’acheminer les marchandises depuis les zones enclavées jusqu’à la côte. Il détient deux chemins de fer (Sitarail entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso) et la Camrail (au Cameroun) et gère sept terminaux portuaires (Abidjan, Douala, Lagos, Pointe Noire, Libreville, Tema et Cotonou).

“ Ce qui nous intéresse dans le chemin de fer, c’est le transport de marchandises. Le rail est un super moyen de transport mais il faudra que les Etats et les bailleurs de fonds s’intéressent à la construction des infrastructures ferroviaires ”. Outre les projets industriels au Nigéria, le groupe nourrit de réels espoirs de voir le chemin de fer Abidjan–Niger se prolonger jusqu’à Niamey dans la perspective de l’exploitation de l’uranium par la société française AREVA au Niger. “ Mais, ça nécessite beaucoup d’argent. Areva et l’Etat nigérien sont en discussion ”. Pour autant, le groupe Bolloré continue de diversifier son cœur de métier en vue de mieux assurer la répartition des risques. Si le directeur général du groupe Bolloré reconnaît que les sociétés chinoises sont des clients du groupe, il est plutôt réservé sur la concurrence chinoise en Afrique. On fait de la logistique pour la société chinoise Hua wai, un grand équipementier chinois. Soutenant qu’ils sont plus sérieux que Dubaï dans les domaines des infrastructures, des mines et service, Gilles Alix perçoit néanmoins “les Chinois, un jour comme un concurrent”. “Ils arrivent massivement, il faut faire attention car quand ils arrivent, ça fait bizarre”. Enfin, il insiste sur la nécessité pour le groupe de continuer à se développer sur le continent précisant que “ le fait d’avoir plus de concurrents en Afrique, nous ravit et signifie qu’on ne s’est pas trompé ”. La convoitise suscitée par le continent auprès des investisseurs promet de faire donc rage.

Nadoun COULIBALY A Paris

Sidwaya

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