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Le marché burkinabè de l'expertise : les contraintes

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Les contraintes qui portent entrave à l'épanouissement de l'expertise au Burkina Faso sont nombreuses mais peuvent être classées en grandes catégories. Ces contraintes sont d'ordre institutionnelles et administratives, financières, techniques, psychologiques et sociologiques.

Les contraintes institutionnelles et administratives

au sein des agences internationales et des pays développés, on observe une tendance à l'utilisation quasi-exclusive des compétences issues des pays donateurs; ceci afin de mieux rentabiliser l'aide au profit de ces donateurs. A ce sujet , on note une forte intégration de l'expertise étrangère aux rouages des institutions internationales d'aide au développement. D'aucuns évoquent l'existence de groupes de pression puissants dans ce domaine. On est très interrogateur sur les raisons d'une telle situation. Il est souhaitable que la tendance évolue vers un meilleur équilibre. Sans doute est-il essentiel que l'expertise nationale travaille à sa propre crédibilité? L'expertise nationale souffre d'une insuffisance de normes professionnelles telles que le code de conduite et les procédures, ce qui ne garantit pas toujours la qualité du travail et n'instaure pas une concurrence loyale entre consultants.

Les structures d'expertise nationales rencontrent d'énormes difficultés pour accéder aux marchés de prestations intellectuelles; les consultations des bureaux d'études se faisant suivant des conditions de consultation qui leur sont défavorables (inscription sur des short-lists, formulaires à remplir,etc.). De même , la majorité des appels d'offres et des procédures de sélection accorde une grande valeur à l'ancienneté dans l'expérience professionnelle antérieure. Si le bien-fondé d'une telle pratique est indéniable, il faut reconnaître qu'elle constitue un sérieux handicap pour les jeunes promoteurs d'expertise. Ajoutéées à tout cela, les conditions administratives et fiscales locales ne permettent pas toujours aux bureaux d'études locaux d'accéder aux appels d'offres alors que les bureaux d'études étrangères ne sont pas astreints aux mêmes règles (production d'attestation fiscale, affiliation à la CNSS, contraintes de la direction du travail et des lois sociales). Les bureaux d'études étrangères ne sont soumis qu'à la production d'une attestation de non faillite. De même, la rigidité du statut de la fonction publique ne favorise pas l'accès des cadres de l'Etat au marché de consultation.

Les contraintes financières

Les contraintes financières découle du fait que pour se développer, l'expertise nationale recourt à de nombreux et couteux investissements (matériels roulant, bureautique,informatique, etc.) pendant que les bailleurs de fonds imposent des honoraires qui ne sont pas de loin intérieurs à ceux affichés pour l'expertise étrangère et qui ne permettent pas de couvrir les couts réels des prestations. Par exemple, un consultant national est rémunéré au 1/5 du montant de la somme que toucherait son collègue consultant étranger.

D'autres contraintes financières sont constatées à travers , d'une part, les conditions de payement des contrats (20 à 30 % au démarrage pour 80 à 90 % de charges, procédures de règlement jusqu'à 90 jours; contraintes de délais sous peine de pénalité de retard) et , d'autre part, le non-financement des structures d'expertise par le secteur bancaire , ce qui entraine des difficultés de trésorerie , le manque de fonds de roulement etc.

Les contraintes techniques

Les principales contraintes techniques se résument comme suit :

-le manque de structures d'information et de documentation ou leur inaccessibilité;

-les difficultés de professionnalisation dues à une trop grande mobilité du personnel de l'expertise nationale du fait de la non régularité des salaires et le débauchage.

-le faible niveau de développement technologique (moyens limités de communication, de documentation, de collecte, de traitement et d'analyse des données). . La déficience technologique jointe à la faible expérience conduit l'expertise nationale à présenter généralement des offres non compétitives au pan méthodologique et du point de vue financier (sous estimation ou surestimation) .

Les contraintes psychologiques et sociologiques

Le manque de confiance aux experts nationaux constitue l'un des principaux facteurs limitatifs au développement de l'expertise nationale. Ce manque de confiance explique, en partie, le recours à l'expertise étrangère dont la qualité du travail n'a pas toujours répondu aux attentes. Pourtant les partenaires au développement reconnaissent la qualité de l'expertise nationale. A ce niveau, on relève une tendance à donner plus facilement les les informations à un expert étranger qu'à une expert national. Il est en effet plus difficile pour un expert national de collecter les informations nécessaires à son travail qu'à un expert étranger. L'Administration Publique porte la plus grande part de responsabilité dans cette situation.

L'absence ou la faiblesse des relation de solidarité et de partenariat entre, d'une part, les experts nationaux et, d'autres part ,ces derniers et les structures d'expertise des autres pays africains sont des facteurs défavorables à une éclosion de ce secteur . Dans le contexte actuel du fonctionnement du marché de l'expertise au Burkina Faso, il apparait que les experts nationaux, du fait des contraintes ci-dessus , sont défavorisés dans la compétition vis-à-vis de l'expertise étrangère.


BAMBIO Z. françois,

Investir-bf.info

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