A+ R A-

Le porc : L'offre rencontre une forte demande nationale

Envoyer Imprimer PDF

Indéniablement la filière animale la plus prolifique , la production porcine a progressé de 598.300 têtes  en 1998 à 1.882.234 têtes  en 2003, soit une progression de 214,59%, selon la deuxieme enquête nationale sur les effectifs du cheptel( ENEC II) en 2003. Des estimations de la Direction Générale de la Prévision et des Statistiques de l’Elevage,situe ce nombre à 1.963.039 et 2.002.276 pour les années 2005 et 2006 respectivement. Pour la rédaction de investir-bf.info ce nombre  avoisine les 6.000.000 têtes pour l'année 2008. La quasi-totalité de la production est destinée à la consommation nationale. Des acteurs marginaux s'initient timidement à l'exportation de la viande de porc vers les pays de la sous-région.

 

 

Un mode de production traditionnel

La production de porc se fait encore de façon traditionnel dans les villages et de façon plus intensive aux abords des centres urbains. Le mode d’exploitation traditionnelle dans les villages est assuré en majorité par les femmes. ’élevage du porc est parfois une activité complémentaire en aval de la préparation du dolo ou bière locale, les drèches servant à l’alimentation des animaux. Les porcs sont en divagation la majeure partie du temps en saison sèche, et bénéficie d’une laustration pendant la saison hivernale. Ils sont parfois sous la surveillance des écoliers en acances pour empêcher la destruction des champs et les conflits que cela pourrait engendrer. Les porcheries en matériaux locaux sommaires, dans les concessions ne respectent aucune norme. L’alimentation naturelle de la divagation des porcs est complétée par les restes de repas, le on des céréales, les drèches du « dolo ».L’offre de porcs rencontre une demande à la fois locale dans les villages lors des marchés bihebdomadaires, les fêtes, et les grilleurs de porcs au four dans centres urbains.  Les restaurateurs des villes organisent des collectes dans les villages, et des régions comme le centre-ouest , le centre-nord qui ont une spécialisation dans la production de porc. Le système semi-intensif d’exploitation du porc est mieux organisé et se localise à la lisière des grandes villes ou même dans certains quartiers au mépris de la réglementation en vigueur. C’est le fait d’éleveurs possédant une technique plus évoluée de production dans des porcheries en matériaux définitifs respectant les normes, le suivi sanitaire et une amélioration de l’alimentation.
La production est destinée soit à la vente des pourceaux, soit à l’alimentation de ses proches charcuteries ou fours, soit à la vente. Cette forme d’exploitation est naturellement plus onéreuse que le mode traditionnelle.

Les contraintes majeures

Elles résident dans l’insuffisance de l’alimentation, l’état défectueux des porcheries, les conditions sanitaires, la faible productivité des races locales.
En effet, c’est l’insuffisance d’aliments qui poussent les éleveurs à laisser les porcs en divagation avec tous les désagréments que cela comporte. Les conditions alimentaires parfois difficiles dans les ménages limitent les déchets qui pourraient être consommés par les porcs.
Les « dolotières » disposant d’un élevage de porcs, réduisent la part de drèches commercialisables et il s’en suit une hausse des prix de ces intrants dans les formes l’exploitation traditionnelle. La même contrainte se retrouve en ville dans les formations semi-intensives : Le coût des SPAI est élevé ; les résidus des brasseries industrielles sont non seulement insuffisantes mais aussi il s’organise une spéculation autour de cette matière accentuant l’élévation de son prix.
L’étroitesse des porcheries participe aussi à la pratique de la divagation voulue des porcs pour « rationaliser » le peu d’espace existant pour un nombre important d’animaux. Le suivi sanitaire est presque inexistant en milieu rural ; bien que intégré à la gestion moderne, il reste élevé.

Les potentialités de la filière

La consommation nationale se développe ; les exportations vers les pays voisins quoi que timides vont également connaître une croissance avec l’élargissement des frontières. La diversification des produits finis sous formes de charcuteries convient mieux à des types de consommateurs urbains qui auraient refusé la consommation de viande de porc sous sa forme traditionnelle ;
-La filière a fait l’objet de plan d’action au vu de son potentiel de développement, de sa capacité à améliorer l’alimentation des populations, à procurer des revenus aux femmes rurales et des emplois urbains dans la restauration spécialisée dans l’offre de viande cuisinée de porc.
-La filière bénéficie d’une meilleure organisation des acteurs et d’un appui technique et financier des partenaires au développement.
En perspectives, les marges de progression résident dans l’amélioration de production artisanale de porc. Elle demande moins d’investissement comparativement à l’élevage semi-intensif en zone périe urbaine. La demande est assurée aussi en zones rurales qu’en zones urbaines. Les possibilités d’exportations se dessinent timidement vers les pays côtiers.

Une spécialité culinaire

Les burkinabè sont friands de porc au four. Le « p.f » comme l’appellent les amateurs, a su résister aux aléas de la conjoncture économique. Difficile en effet, de trouver un quartier qui n’a pas son ou ses spécialistes en la matière. Dès lors, c’est l’ingéniosité du « coupeur de viande » qui fait la différence. Selon les ingrédients apportés à sa préparation, il pourra se distinguer de la masse des « petits grilleurs. »

On assiste ses dernières années à une éclosion de spécialités : "porc au rabilé" (à la lévure) ou encore « au soumbala », des trouvailles auxquelles le client ne peut résister. A l’heure du « p.f »,(10H du matin ou 6 H du soir), les files d’attente se forment le long des routes.

La viande de porc n'est jamais invendue, seuls les morceaux de lard, sont abandonnés à regrets. La recette engrangée permettra aux différentes parties de financer la séance du lendemain. D’où l’idée développée par certains, d’être à tous les niveaux de la chaîne de production. Selon des statistiques fournies par l'abbatoire nationale de Ouagadougou, plus de 1000 porcs sont consommées par semaine dans la seule ville de Ouagadougou.

Au Burkina, c’est la région du Sanguié qui détient la palme en matière de « porc au four. » Ses cuisiniers sont unanimement reconnus pour leur savoir-faire. Et chaque grande manifestation culturelle, est l’occasion pour eux, de donner un aperçu de leur art. Cuit avec élégance, et finesse, le « porc de Réo » témoigne de la vivacité de l’art culinaire burkinabè. Et c’est de partout que l’on vient le contempler. Et le déguster tout naturellement !

BAMBIO Z. François,
investir-bf.info

Le sujet est clos . Vous ne pouvez pas poster de commentaire. Merci

Service aux entreprises

Batimentes et travaux publics

Commerce et distribution

Connexion