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Le secteur tertiaire au Burkina Faso : l'évolution des bureaux d'étude

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Au Burkina Faso, les activités du tertiaire, composées du commerce, de l'apport des administrations publiques comme privées, des services de prestations intellectuelles contribuent pour 43% du PIB. Des activités susceptibles d'être investies par des porteurs de projets existent : Du commerce traditionnel en passant par le commerce international moderne avec l'apport des NTIC pour les nouveaux acteurs commerciaux, les services de consultances diverses demeurent des niches de projets exploitables. Dans le secteur tertiaire burkinabè, les bureaux d'études ouvrent de nouvelles perspectives pour les diplômés, les autres activités du tertiaire étant encore régies par de nombreuses restrictions:

- Des activités de services privés comme les officines en santé humaine ou animale ont connu un développement à la faveur de la libéralisation. Seulement, les capacités techniques et financières des promoteurs ne suffisent pas pour s'y exercer. Il faut en plus une autorisation du Ministère de la Santé dont les inspecteurs disposent d'un cahier de charge imposable à tout intervenant. Le respect préalable de cette condition supposée garantir la qualité de service rend la profession non entièrement ouverte. Il en est de même des services d'enseignement privés maternels, primaires, secondaires et universitaires. Les services judiciaires comme les avocats, les cabinets d'experts comptables et comptables associés disposent d'un ordre qui règlemente rigoureusement la profession. Par moment, cela ressemble à une limitation déguisée. Il en est de même des sociétés d'informatique pour la formation et les prestations haut de gamme (installation et maintenance des réseaux) régies à l'ouverture par la Délégation à l'Informatique qui délivre les agréments d'implantation après une inspection des locaux et des personnes ressources.

- Enfin d'autres prestations comme les établissements de micro finances de type « Caisse Populaire » font cruellement défaut à travers tout le pays. Leur ouverture par des professionnels privés serait non seulement une source de création d'emplois, mais aussi participerait activement au financement de l'économie. Là également, le Ministère de l'Economie et des Finances livre les autorisations après des enquêtes de moralités et un système de contrôle dissuasif. Certes, on veut sécuriser les épargnants par ces précautions, mais on ralentit à l'excès les opportunités d'affaires.

- Pour l'instant, les bureaux d'études sont les seuls services de prestations intellectuelles régies par le droit commun. Nous ferons un point sur leur évolution, les contraintes et les potentialités.

Evolution des bureaux d'étude

Le secteur a pris son envol à la faveur de la libéralisation des années 1990. Avant cette période, les services techniques de l'Etat et les experts internationaux assuraient les prestations dans ce domaine. Il est à remarquer que ces prestations se font soit en entreprises juridiquement constituées, soit en consultants indépendants, soit en informel le cas des salariés par exemple. L'organisation de la profession a été très lente et ce qu'en Août 2005 qu'est née officiellement l'Association des Bureaux d'Etudes, structures chargées de réfléchir sur l'organisation de la pratique de la profession.

Quantitativement, le Centre d'Analyse des Politiques Economiques et Sociales (CAPES), a dénombré 162 bureaux d'études et consultants indépendants en Novembre 2005. La rédaction de Investir-bf.info estime que ce chiffre a, au moins, triplé en fin 2008, pour avoisiné les 500 bureaux d'étude et consultants indépendants. Les domaines dans lesquels officient ces bureaux d'études sont principalement les suivants :

- Infrastructures

- Energies

- Ingénieries

- Développement rural

- Environnement

- Développement économique

- Développement social

- Santé

- Administration

- Education et formation

- Démocratie et droit humain

- Finances etc....

L'offre de qualification universitaire permet de disposer d'un éventail d'expertise pour la conduite des études. Elle irait même croissante par le fait de l'arrivée de nouveaux prestataires et la tendance à la dislocation des structures existantes.

Les contraintes aux bureaux d'étude

Ils sont confrontés à des contraintes tant endogènes qu'exogènes . Au nombre des contraintes endogènes, on peut retenir :

- Le manque de qualification de nombreuses structures, ce qui affecte la qualité des rapports ;

- L'instabilité du personnel ou bien son sous payement ;

- La forte propension à l'individualisme dans la profession ;

- La concurrence à la baisse des tarifs de la consultation ;

- L'inorganisation de la profession ;

- L'insuffisance de moyens matériels et financiers;

Quant aux contraintes exogènes, on peut mentionner :

-La corruption qui grève les gains des bureaux d'études et affectent négativement le rendu des dossiers au détriment du Client ;

- Les documents administratifs et les cautions bancaires difficiles à réunir ;

- Les longs délais de payement des factures surtout avec les administrations publiques ;

- Le manque de transparence dans l'octroi des marchés importants;

- La concurrence déloyale des ONG et Associations qui ne sont pas soumises à la fiscalité ;

- Les partenaires techniques et financiers imposent souvent des bureaux de leurs pays d'origine pour l'exécution de certains programmes.

Les potentialités des bureaux d'étude

Le marché de la consultation a un avenir promoteur du fait même de notre sous développement. C'est un maillon incontournable dans la réalisation des activités de développement à tous les niveaux. Il est impensable d'imaginer une réalisation digne de ce nom sans études préalables. Au niveau du Burkina, face à la lenteur avec laquelle les bureaux privés traînaient, le Gouvernement a instruit le CAPES d'aider à l'organisation de la profession. Ce travail est encore en cours de réalisation et marquera une visibilité plus accrue de la profession. Enfin des programmes d'envergure nationale dans l'agriculture, l'élevage, l'éducation et la santé sont progressivement mis en place et profitent déjà aux bureaux d'études.

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BAMBIO Z. François,
Investir-bf.info


Bibilographie :

*Ministère de l'Economie et du Développement : Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté, décembre 2003;

*Etude sur les créneaux porteurs au Burkina Faso , Novembre 2005

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