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Marché burkinabè : L’offensive chinoise se poursuit !

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En 1994, la normalisation des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et Taïwan fut la cause du divorce avec Pékin qui cessa toute forme de coopération avec Ouagadougou. Aujourd’hui, bien que la présence chinoise au Burkina Faso soit moins importante contrairement aux pays de l’Afrique de l’ouest en relation diplomatique avec Pékin, l'activité commerciale de ces chinois est une véritable offensive.  Une étude menée par BAMBIO Z. François entre juin et juillet 2006, estimait à environ 100 individus le nombre de chinois continentaux déclarés, vivant au Burkina Faso et répartis dans différents secteurs économiques.

Au plan commercial et selon les statistiques douanières (cf. www.douanes.bf), le montant total des importations burkinabè en provenance de la Chine de Pékin se chiffrait à 26 399 540 174 F CFA en 2005, soit un peu plus du quart des exportations françaises au Burkina Faso la même année. Les statistiques burkinabè étant de production irrégulière et fortement basées sur des estimations, il est aujourd’hui difficile de situer ce chiffre.

Les marchandises en provenance de la Chine concernent tout d’abord les produits facilement écoulables à savoir les cosmétiques et articles pou femmes, les préparations capillaires (shampooings, produits pour défrisage, laques pour cheveux), les pâtes dentifrices et autres préparations pour hygiène buccale ou dentaire, les parfums et eaux de toilette, les préparations pour rasage, les désodorisants corporels, les savons, les préparations organiques, les préservatifs etc.

Outre les importations des commerçants chinois exerçant au Burkina Faso, des commerçants burkinabè séduits par ces produits importent également des quantités importantes de marchandises dont les téléphones portables et l’électroménager en majorité. Au cours de la période 2007 à avril 2008 le nombre de téléphones portables importés de la Chine se chiffrait à 110 665 unités soit 77,34% des importations de téléphones portables au Burkina Faso au cours de la même période (Le promoteur/Septembre 2008).

Ces dernières années on assiste surtout à l’entrée massive de motos de type shanghaï provenant de la chine sous forme démontés à destination d’usines de montage à Ouagadougou. Les promoteurs de ces motos ont su les positionner et les vendre à des coûts qui ont eu pour conséquence de mettre en péril la SIFA (société industrielle de fabrication d’automobiles) dont on ne parle plus que de la liquidation. OBOUF, MEGAMONDE, DIACFA, LIFAN sont, entre autres, les gros importateurs de ces motocycles au Burkina Faso. Toujours des statistiques douanières, les motocycles et cycles à l’état démontés importés de la chine pour l’industrie de montage au Burkina Faso s’élevait à plus de 6 milliards de francs CFA pour l’année 2005, chiffre qui a crût depuis.

La présence chinoise continue de grandir et de se consolider sur le marché burkinabè. A Ouagadougou, des centaines de petits commerçants et de vendeurs à la sauvette s’emparent, dès le levé du jour, des trottoirs pour exposer des marchandises de fabrication chinoise. Copies d’articles originaux, ces produits africains contrefaits inondent villes et villages, allant du textile aux objets d’art en passant par la pharmacopée. Ces produits sont vendus à vil prix, obligeant ainsi certains concurrents burkinabés à changer d’activité parce que « ça ne marche plus ! »

Mais, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays africains en relation diplomatique avec Pékin, les entreprises chinoises ne sont pas encore en position de monopole au Burkina Faso. La chine, il convient de le faire remarquer, a tout simplement su adapter son offre au faible pouvoir d’achat des consommateurs burkinabè et africains, poussés par « la vie chère » vers les produits les moins chers.

La production nationale, il faut le reconnaître, est loin de couvrir les besoins d’une population sans cesse croissante. Si rien n’est fait la production locale se réduirait au strict minimum et nous subiront les effets pervers d’une mondialisation à l’asphyxie.

Il faut éviter le péril jaune !

 

BAMBIO Z. François,
Investir-bf.info


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