Au Burkina Faso, chaque famille possède au moins un vélo, mobylette ou moto. Ce qui a vallu à Ouagadougou, la capitale burkinabè, le titre de capitale des deux roues. Et à côté de ces engins, s'est développée une activité lucrative : les parkings qui sont le gagne-pain de biens de jeunes. Installés devant les établissements publics, les yaars, les départements ministériels, les écoles et lycées de la "capitale des deux roues", les parkeurs de tout acabit, passent la journée à donner des tickets, à écrire avec la craie sur les selles des engins et à empocher des pièces de 50 F.
Payer le ticket du parking est devenu une habitude pour le Ouagalais et lors des courses en ville , le prix du parking occupe une bonne place sur le carnet des dépenses.La crise économique a eut une incidence sur ce secteur car les voitures d'occasion appelées communément "Au revoir la France", sont importés en grand nombre et vendus à toute bourse, ce qui a suscité l'érection des parcs à auto un peu partout dans la capitale. Grande surprise également, les parkings ont fini par intégré la dimension genre et de plus en plus, de jeunes filles belles, à la fleur de l'âge sont dans le secteur comme gardiennes.
Les parkings, il faut le faire remarquer, sont les propriétés de patrons qui embauchent à leur tour, des jeunes capables d'assurer la sécurité des engins, à qui ils offrent en moyenne 700 f /jour ce qui leur pourvoie un revenu moyen mensuel de 20.000 f/mois .Par jour, d'après un jeune gardien de parking, les parkings de petite standing rapporte durant les jours ordinaires au moins 6 000 F CFA au patron. Pendant les jours de fête, cela va jusqu'à 30 000 F par soirée.
Il faut également compter avec les parkings spontanés, créés de toutes pièces lors de certaines manifestations de portée nationale ou internationale comme le salon international d'artisanat de Ouagadougou (SIAO), la semaine nationale de la culture (SNC), Le salon international de tourisme et de l'hôtellerie de Ouagadougou (SITHO), festival panafricain de cinéma et de l'audiovisuel de ouagadougou (FESPACO) etc. Au SIAO par exemple le parking coûte 200F CFA pour les deux roues et 300F pour les voitures, ce qui donne au moins une recette de 60.000 F/jour au patron selon un jeune parkeur. Les charges des patrons sont essentiellement les frais de location des terrains à la mairie, la location des bâches et la rémunération des employers.
Le 14 juin 2009 dernier, les syndicats et associations de parkings de la ville de Ouagadougou ont revu à la hausse les tarifs de gardiennage des engins, ladite tarification amènait le gardiennage de motos à 100 francs CFA. Pour les quatre-roues, le tarif avait été revu à 200 francs CFA, au lieu de la traditionnelle pièce de 100 francs. Les raisons invoquées par les gérants de parkings étaient, entre autres, le tarif élevé de l'occupation de la voie publique qui est passé de 600f/m2 à 900F/m2, le vol répété d'engins dans les parkings, le coût élevé des engins à rembourser, l'emprisonnement des parkeurs après ces vols pour abus de confiance, et les impôts. Il fallait également , selon les parkeurs, compter avec la crise financière qui ne les épargnait pas.
La nouvelle tarification était ainsi qu'il suit :
100 F CFA pour les engins à deux roues
50 F CFA pour les vélocipèdes
Au niveau des établissements :
500 F CFA par mois pour le primaire : 25 F CFA/pose
1 000 F CFA par mois pour le secondaire : 50 F CFA/pose
1 500 F CFA par mois pour le supérieur : 50 F CFA/pose
Au niveau du marché :
1 500 F CFA par mois pour les abonnés
Au niveau des services administratifs et autres :
1 500 F CFA par mois pour les abonnés
Les quatre roues à 200 F CFA/pose et 6 000 F CFA par mois pour les abonnés.
Face à la grogne de la population, les autorités burkinabè ont rappelé le syndicat des parkeurs aux anciens tarifs. Ce secteur , il faut le dire, fait des heureux au Burkina Faso. En effet, il semblerait qu'il n'y ait pas un seul patron de parking qui ne possède pas de villa à Ouagadougou. De puissants hommes d'affaires se lanceraient de plus en plus dans ce secteur, toute chose qui va exacerber la concurrence. Pour l'heure, les autorités burkinabè devraient s'activer à règlementer ce secteur et fixer des règles claires à ce business.
- BAMBIO Z. François,
Investir-bf.info





