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Production de niébé au Burkina Faso

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Le niébé est une plante dont la graine est utilisée en alimentation humaine. Cette graine ressemble à un petit haricot. La plante appartient d'ailleurs, comme le haricot ou le pois et la luzerne, à la famille des légumineuses. Le niébé est cultivé au Burkina Faso depuis longtemps. Il était jusqu'à une époque récente quasi exclusivement réservé à l'auto-consommation familiale. A partir du début des années 90, la demande en niébé va augmenter progressivement, au Burkina et dans les pays côtiers voisins, sous l'effet du changement des habitudes alimentaires et de l'urbanisation. Le Burkina Faso, le Ghana et le Nigeria représentent à eux trois 70% de la production mondiale de niébé. 


L'importance de la filière

Le niébé occupe une place dans l'alimentation de la population aussi bien en milieu urbain que rural. Les avantages liés à sa production et la forte demande tant interne qu'à l'exportation placent le niébé dans la filière stratégique pour la sécurité alimentaire au Burkina Faso. Parmi les cultures vivrières pratiquées dans la moitié nord du Burkina, et plus particulièrement dans la région de Kaya, le niébé semble en mesure de devenir une culture de rente, capable de générer des revenus financiers non négligeables, car une partie croissante de la production est destinée à la vente. Le niébé, culture vivrière traditionnelle et culture de rente potentielle est, par ailleurs, bien adapté aux rudes conditions pédoclimatiques du Sahel. Depuis 2004 les Pouvoirs Publics burkinabés soutiennent le développement de la filière niébé dans la région de Kaya ; à ce titre un projet a été lancé en 2004 à Pissila, département situé à 25 km de Kaya. Ce programme est étendu à deux département voisins (Dablo et Pensa au Nord de Kaya).

La production de niébé est estimée à 254 000 tonnes pour la campagne agricole 1995/1996, à 183 000 tonnes en 1996/1997. Des campagnes agricoles après 2000, les données de la direction des statistiques agricoles indiquent un niveau de production de 276 225 tonnes en 2001/2002, 456 600 tonnes en 2003/2004, contre 276 349 pour la campagne 2004/2005. La mise en place d'un système d'information fiable sur la filière, tant sur l'évolution des prix que des quantités produites constituerait un avantage certain pour les acteurs de la filière en matière de décision.

La culture du niébé, comme toutes les autres cultures vivrières, est fortement tributaire des conditions climatiques dont les fluctuations affectent considérablement la production d'ensemble. Bien que cultivé dans toutes les zones du pays, la production est inégalement répartie : Les régions du centres nord (Kaya), du nord (Yako) du Mouhoun (Nouna-Dédougou),et du centre-ouest (Koudougou) sont les principales localités de forte production. Seulement le niébé reste une culture secondaire par rapport aux céréales et se cultive en association avec elles.

La consommation du niébé est principalement locale et surtout auto consommée. L'objectif de sécurité alimentaire guide plus les producteurs que la recherche du gain monétaire malgré les opportunités commerciales offertes par cette spéculation. Une infime partie est destinée à l'exportation vers les pays côtiers limitrophes du Burkina. La consommation moyenne par habitant est selon l'étude Statistika , réalisée en 2001, est de 12,75 kg par personne et par an .

Selon une enquête sur les conditions de vie des ménages , réalisée en 2002 par l'Institut Nationale des Statistiques et de la Démographie (INSD), les ménages, les aides familiaux, les travailleurs indépendants consacrent respectivement 2,3%, 1,9% et 1,6% des dépenses alimentaires au niébé. Les autres catégories le font dans des proportions variant entre 1,2% et 1,3%. Il faut signaler que le premier groupe, a un revenu moyen inférieur au second. Ceci explique la part relative plus important de la place du niébé dans leur structure de consommation. Toujours, selon cette même étude, en valeur monétaire, les chefs de ménages inactifs, les salariés du public et du privé viennent au premier rang avec respectivement 8 954 F, 7 049 F et 8 142 F de dépenses moyennes consacrées au niébé par an.


Problèmes de la filière

La filière Niébé a du mal à décoller à cause d'une série de problèmes structuraux. Pour cette raison elle représente encore aujourd'hui une culture marginale pour l'économie agricole burkinabé, malgré ses nombreuses potentialités et les bénéfices sociaux qu'elle pourrait apporter si elle était valorisée de manière convenable. Parmi les problèmes on note principalement :


*Faiblesse des rendements

La culture du Niébé est encore limitée à l'activité de petits producteurs non organisés qui l'associent à la culture céréalière et dont les récoltes sont en moyenne d'environ 180Kg/ha (dépassant rarement les 300Kg/ha). L'association mil-niébé occupe les 95% des terrains où le niébé est cultivé. Dans les restants 5% de cas, le niébé est cultivé en culture pure, avec des rendements moyens de 800-900Kg/ha .Cette faiblesse des rendements du niébé est donc du au fait qu'il est cultivé en association avec les autres cultures céréalières jugées prioritaires par les producteurs . On estime, toutefois, qu'avec une formation appropriée des producteurs et les correct input on pourrait atteindre facilement les 1.500Kg/ha.


*Le manque d'organisation de la filière

Le manque d'organisation du marché du niébé est l'un des principaux obstacles à la productivité de la culture. Le marché du niébé au Burkina Faso, est actuellement géré par des grands commerçants qui opèrent à travers leurs réseaux d'intermédiaires. En outre il faut souligner le fait que, pour la plupart des commerçants, le commerce du niébé est une activité secondaire, car ils sont engagés surtout dans l'achat et la vente des autres céréales. Les producteurs sont donc peu motivés à coordonner leurs productions et à organiser un réseaux  pour le commerce des produits. L'inorganisation de la filière qui ne bénéficie pas d'appuis conséquents à même d'impulser une dynamisation comme dans les autres filières de production en terme de sélection de variété demandée par le marché, de traitement de la récolte pour limiter les impuretés ; le nombre élevé de petits collecteurs renchérit le coût du produit. Dans la plupart des cas les transactions se développent au niveau informel et sans contrats écrits, au niveau individuel dans la vente au détail, et les marges de gains dépendent de la période de vente du produit, donc de la capacité du producteur de savoir conserver le produit en le préservant des attaques des parasites auxquelles le niébé est particulièrement vulnérable, ce qui constitue une autre préoccupation du producteur.


*Le problème de commercialisation

Face au manque d'organisation du marché interne, les coûts de récolte et de commercialisation sont très élevés, en moyenne 19-27 Fcfa/Kg pour la récolte et environ 200 Fcfa/Kg pour la vente. La marge de gain pour le commerce interne est donc basse et très variable, entre 5 et 40 Fcfa/Kg. A ce titre, il est important de signaler que pour le marché extérieur avec les pays limitrophes (Ghana, Bénin, Togo, Nigeria) la marge de gains seraient supérieures , malgré les coûts supplémentaires de transport. Le manque de démarche marketing des gros exportateurs pour maîtriser les marchés extérieurs constitue un autre problème, en effet, le Ministère de l'Agriculture du Burkina Faso a estimé que la demande de niébé des Pays voisins est environ 500.000 ton/ans, surtout des zones urbaines côtiers qui ne sont pas déficitaires. Il faut également compter avec la concurrence des pays voisins comme le Mali et le Niger, qui pourrait limiter à terme les opportunités d'exportation du Burkina Faso.


*faiblesse de la consommation en milieu urbain

Dans les villes, la consommation du niébé demeure être faible, moyenne de 7kg par habitant l'année. Les causes sont à rechercher dans le prix qui, à partir du mois de mars (en contresaisons) est très élevé, mais pas seulement. Les modalités de transformation et de préparation du niébé sont peu connues. En fait, le niébé est encore vu comme une nourriture des pauvres, bien qu'il soit cultivé depuis longue temps au Burkina Faso grâce à ses excellentes propriétés nutritionnelles. Les niveaux de sa consommation demeurent en croissance, même si au rythme très lent, dont 8-10.000 ton/ans en milieu rural, 3-5.000 ton/ans en ville.


Expérimentation du niébé Bt au Burkina

Pour le ministre délégué en charge de l'Agriculture, le Burkina Faso va bientôt passer au niébé Bt. Des chercheurs burkinabè se sont investis dans cette recherche qui va connaître aussi l'implication de producteurs burkinabè.
L'objectif est l'emblavement, pour la campagne 2009/2010, de près de 450 000 hectares de coton Bt (Bollgard II). La capacité de la recherche burkinabè à produire les semences Bt lèvera donc la contrainte de la dépendance vis-à-vis des firmes étrangères , toute chose qui soulève la polémique chez les hésitants.


BAMBIO Z. François,
Investir-bf.info

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