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SOSUCO : « Le salaire du DG ne regarde aucun travailleur »

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Développement national ; revenir sur les différents points du protocole d’accord intervenu le 09 février entre les travailleurs et la direction générale suite à la crise sociale qui aurait occasionné la perte de 3000 tonnes de canne à sucre, c’est l’objectif d’un point de presse initié le 15 février 2011 par le directeur général de la SN-SOSUCO, M. Didier Vandenbon, dans l’enceinte de l’entreprise.

En compagnie de son adjoint, M. Moctar Koné, le directeur général a donné sa lecture de la crise et décliné sa feuille de route qui est la restructuration financière et opérationnelle de la SN-SOSUCO.

Durant près de 40 mn d’horloge, M. Didier Vandenbon s’est évertué à expliquer les causes et les démarches infructueuses et qui ont abouti à la crise du 26 janvier 2011, date à laquelle les travailleurs ont décidé du blocage de l’usine. 9 mois d’intenses concertations sur le retrait du statut du personnel 2008-2009 sous l’égide du directeur régional du travail, constat d’échec, la question était désormais transférée au Conseil d’administration pour décision.

En Avril 2010, le PCA, El Hadji Barro Djanguinaba, recevait un courrier des délégués du personnel, acceptant le retrait du statut moyennant des mesures d’accompagnement. L’essentiel de ces mesures, dira le DG, a connu une réponse positive après examen du Conseil d’administration.

Pour la direction de la SN-SOSUCO, le dialogue a prévalu jusqu’au rapport de force. Ce qui a suscité une première venue de deux ministres en septembre dernier et la mise en place d’une commission ad hoc. Ces concertations ont abouti à la signature d’un protocole individuel par près de 90% des travailleurs, selon Vandenbon.

En janvier 2011, est apparu un « débrayage illégale », dira-t-il, parlant de la grève du 26 janvier. La SOSUCO, à travers un acte de justice du tribunal de travail de Bobo, obtiendra la condamnation de 9 personnes lui permettant du même coup l’évacuation des manifestants par les forces de l’ordre. Est apparu également au même moment, une plate forme revendicative de cinq points qui n’a jamais été envoyée à la direction, a poursuivi le conférencier.

Il s’agit du départ du DG et de 5 de ses lieutenants, l’arrêt des sous-traitances, le retrait des protocoles individuels signés, l’arrêt des départs négociés et le remplacement de l’ensemble des cars et des camions. Parmi les 5 points, seul le dernier est jugé fondé et légitime par la direction de la SOSUCO, le solutionnement des autres n’étant pas de leur ressort. Sur ce dernier point, des démarches étaient en cours, dit-il, et le 15 février, 5 nouveaux camions et 2 cars étaient mis à la disposition des travailleurs.

M. Vandenbon, parlant de sa feuille de route, précise que le Conseil d’administration, à sa nomination en novembre 2009, lui a donné mandat pour la restructuration financière et opérationnelle de la SN-SOSUCO. A son arrivée, « la SN–SOSUCO était une entreprise qui était morte, elle aurait dû être liquidée », soutient ce dernier.

Des mesures ont permis de maintenir l’usine par l’augmentation de son capital avec bien d’autres mesures, ce qui démontre du souci du groupe IPS à maintenir la société. La réduction des effectifs est une option de la direction, mais les départs naturels à la retraite est de mise, avec l’objectif de 700 à 750 personnes, la SOSUCO comptant plus de 1000 travailleurs.

Face aux multiples débrayages, ce qui n’a pas été sans conséquence sur l’usine avec la détérioration de 3000 tonnes de canne à sucre dans les champs, la direction avait décidé de la fin de la campagne. Les motifs, « vous êtes actionnaire d’une entreprise comme le groupe IPS qui a injecté 10 milliards depuis 12 ans, qui est en train de faire des efforts considérables pour relancer l’activité par la restructuration financière et opérationnelle qui coûte beaucoup d’argent et que des gens sont là pour tout casser sans revendications réelles, vous préférez mettre la clé sous le paillasson et aller ailleurs », a justifié le DG qui a salué les efforts de médiation du gouvernement et des leaders coutumiers et religieuses pour la reprise des activités le 9 février grâce à un protocole d’accord sur 5 points.

L’activité a repris difficilement après près de 3000 tonnes de sucre restées dans les champs, ce qui a engendré une baisse de la qualité de la matière, a indiqué le conférencier.

Sur les questions des journalistes, le patron de la SOSUCO est resté intransigeant sur certains points. Les départs négociés, c’est quelque chose de légal au Burkina et que 80% des départs négociés l’ont été à l’initiative des travailleurs, dit-il. « Je n’ai jamais forcé qui que ce soit dans mon bureau à signer quoi que soit », affirme-t-il, devant l’insistance des journalistes sur ces départs suspects de l’entreprise.

N’est-ce pas là une compression des effectifs alors que le groupe IPS avait promis le maintien de l’ensemble des travailleurs ? « Est-ce que les actionnaires ont repris la totalité du personnel ?

La réponse est OUI », réplique du DG. Est-ce que les départs à la retraite constituent une bonne gestion ? s’est interrogé Vandenbon qui ajoute : « On verra à la fin de la médiation (NDLR avec le patronat burkinabè) s’il faut un plan social en bonne et due forme ou si on va rester sur les départs à la retraite », convaincu qu’il est, que si l’on veut avoir une entreprise qui produise du sucre au Burkina, elle se doit d’être compétitive.

Le départ de quelques cadres ne constitue pas une compression pour Didier Vandenbon qui soutient qu’ils ne partent pas parce qu’il y a sureffectif, mais qu’ils partent parce qu’ils ne font pas le travail pour lequel ils sont rémunérés. « Parce qu’ils ne font pas leur boulot, ils préfèrent partir avec un peu d’argent au lieu de se faire virer avec rien du tout », a-t-il ajouté et de se montrer on ne peut plus clair : « Au niveau des cadres, il n’y aura pas de pardon. Vous ne pouvez pas prendre 500 000 F CFA, 700 000 F CFA, 800 000 F CFA, certains plus d’un million par mois et ne rien donner à la fin du mois. Vous trouvez ça normal ? ».

Selon la rumeur, le DG toucherait plus de 12 millions de F CFA, un véritable poids financier pour la SOSUCO, selon certains. « Quel que soit le salaire du directeur général, ça ne regarde aucun travailleur. A mon arrivé, est-ce qu’on a diminué leur salaire pour pouvoir payer le mien ? La réponse est non. Si les actionnaires ont accepté de payer ce qu’ils payent, c’est bien parce qu’ils considéraient que c’était normal par rapport à un certain nombre de critères qui étaient les leurs », réplique du DG, sans autre précision.

Sur l’affaire de sucre escroqué d’une valeur de 52 millions de francs, Didier Vandenbon indique qu’il a porté plainte à la gendarmerie et celle-ci est en train d’enquêter sur des complicités internes. M. Sagodogo n’a pas été licencié par rapport à cette affaire, foi du DG.

Jusqu’où la direction est-elle prête à faire des concessions afin que le climat redevienne plus serein ? Si le retrait du statut est non négociable, tranche le conférencier, plusieurs mesures sont déjà en application entre janvier et février 2011 en faveur des travailleurs dans le cadre des mesures d’accompagnement, tant sur le plan salarial que sanitaire. Les consommateurs verront-ils un jour le coût du kilogramme du sucre baissé ? Le marché mondial reste un facteur très déterminant, a expliqué le conférencier.

Le DG est–il satisfait de l’application de sa feuille de route ? Tout changement amène généralement des résistances et « évidemment, j’aurais préféré que ça se passe sans débrayage illégal, sans occupation illégale », dit-il. Sur sa sécurité, reconnaissant qu’il n’est pas à l’abri d’actes isolés, il dira qu’un certain nombre de dispositions ont été prises. Enfin, quelles retombées pour le Burkina avec cette réforme qui divise ?

La conservation de la SOSUCO, et plus de 3,5 milliards de masse salariale brute versée aux travailleurs en 2010, sans compter le coût de la sous-traitante, s’est défendu Didier Vandenbon.

Luc Ouattara

L’Observateur Paalga

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